A propos avecomite

Comité d’AVE. AVE est une Association de quartier qui a pour buts de favoriser les rencontres entre les habitants des rues du Vieux Châtel et d’Edmond-de-Reynier, de participer à la défense des intérêts du quartier et d’organiser des manifestations festives propices aux échanges entre voisins.

La fête du quartier !

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« La fête du quartier ? Oui mais quand ?
– Le samedi  22 juin dès 18 heures.
– Mais où ?
– Dans la cour privée située derrière le bâtiment de Guillaume Ritter.
– C’est qui, Guillaume Ritter ?
– Google est votre ami. Pour le reste, si vous voulez  en savoir plus, lisez Utopierre – Guillaume Ritter de Vieux-Châtel à Neuchâtel. En vente dans toutes les bonnes librairies.
– Donc ça a lieu derrière le bâtiment dont la façade sud présente une alternance de fenêtres en ogive et de fenêtres à meneaux ?
– C’est cela même.
– Cool !
– Ouais, moins que le temps, j’espère ! Encore que, comme d’habitude, on a commandé du beau temps pour la soirée. Il fera donc bon pendant la fête. Mais on ne répond pas des jours suivants…
– Il y aura à boire et à manger ou je dois venir avec mon pique-nique ?
– Il y aura des crêpes, des mojitos et d’autres joyeusetés. Mais vos gâteaux sont les bienvenus. Vous pouvez aussi venir avec vos  enfants, il y aura des jeux pour eux.
– De la musique ?
– Eh oh ! Je ne vais pas tout vous dire non plus ! Vous n’avez qu’à venir, vous verrez bien !
– Ok. Alors au 22 !
– Il y a intérêt ! »

Joyeux Noël !

Les voeux d’Adi-Pierre Glanzmann, président d’AVE, aux habitants du quartier

Pour mémoire, vous trouverez ci-dessous :

  • Le cahier des charges urbanistique
  • La présentation réalisée par les services de l’Urbanisme et de l’environnement de la Ville de Neuchâtel, destinée à informer les habitant du quartier Vieux-Châtel et Edmond-de-Reynier

La prochaine assemblée générale de l’Association est pour bientôt !

La prochaine assemblée générale d’AVE aura lieu

le 22 novembre 2012 à 18 h 30

à la Cité universitaire.

A cette occasion, le comité d’AVE vous informera sur l’avancement du cahier des charges urbanistique concernant le projet de construction
destiné à remplacer les anciennes Serres de la Ville.

Comme de coutume, un apéritif sera servi à l’issue de la présentation.

Venez nombreux !

Un second atelier frustrant : une démarche participative dénuée de dialogue

Le 26 mars dernier s’est déroulé le second atelier s’inscrivant dans la démarche participative choisie par la Ville de Neuchâtel. Il était organisé, à l’instar du premier atelier qui avait eu lieu le 20 octobre 2011, par Equiterre.

Disons-le d’emblée, nous ne sommes pas du tout satisfaits du déroulement de cette soirée. Jusqu’à présent, les habitants du quartier et l’Association ont joué le jeu de la démarche participative et se sont efforcés, dans le souci d’éviter une polémique stérile, de ne pas exprimer publiquement leurs craintes et leurs doutes quant à la façon dont cette démarche était parfois menée. Mais à présent que nous sommes parvenus au terme de ce second atelier (il n’y en aura pas d’autre), nous estimons nécessaire de sortir de notre réserve, de parler plus ouvertement et d’esquisser un premier bilan critique.

I. Comment la soirée du 26 mars s’est-elle déroulée ?

Petit rappel et remarques préalables

L’objectif de cet atelier, rappelons-le, consistait à affiner le cahier des charges urbanistique qui avait été présenté par la Ville aux habitants le 16 février dernier. (Voir à ce sujet notre billet « Premier jet du cahier des charges ».) Dans cette optique, chacun avait reçu un exemplaire de ce document (ou, le cas échéant, pouvait le télécharger ici sur notre site) et un mois avait été laissé à disposition pour étudier les propositions de la Ville. Il était donc prévu que la population du quartier puisse apporter ses commentaires et ses observations sur ce travail.

À ce stade, il nous paraît important de préciser deux points :

  1. Soucieuse de garantir une certaine neutralité aux débats que l’Association pensait pouvoir engager avec la Ville pendant cet atelier participatif, AVE  avait invité deux représentants politiques neuchâtelois, l’un du Parti socialiste, l’autre du Parti libéral radical, à assister à cette soirée en qualité d’observateurs.  Par courtoisie, AVE avait informé la Ville de sa démarche. Mais la Ville a signifié à AVE par retour de courrier électronique qu’elle s’opposait fermement à ce que des représentants politiques  prennent part à ce second atelier, sous le prétexte que « cela sort[ait] totalement du cadre que nous nous étions fixé » et que la « présence [de ces personnes] pouvait avoir une influence sur le contenu des discussions »… Les deux élus ont donc été contactés personnellement par la Ville et invités à ne pas participer à la démarche participative…
  2. Contrairement à ce qui avait été organisé en vue du premier atelier, ni la Ville ni Equiterre n’ont pris la peine d’informer préalablement les habitants du quartier de la façon dont ce second atelier allait se dérouler. De sorte que personne, parmi les participants, ne savait qu’un cadre rigide de « communication » avait été défini, cadre en dehors duquel nulle question ou remarque n’était attendue et, partant, ne serait vraiment écoutée. En outre, les quatre thèmes définis par la Ville et Equiterre qui composaient ce cadre étroitement minuté, et sur lesquels (et uniquement sur lesquels) les habitants étaient autorisés à s’exprimer, n’avaient pas non plus été explicitement communiqués préalablement. 

Ce cadre, quel était-il ?

En début de soirée, les participants ont été répartis en six groupes et ont reçu le programme des réjouissances. (Voir ci-joint.) C’est donc seulement à ce moment-là que les habitants et les membres d’AVE ont découvert ce sur quoi on voulait les entendre et comment on voulait les entendre :

  1. Retour sur le cahier des charges urbanistique
  2. Usages des bâtiments du front nord de la Cour
  3. Usages des jardins publics
  4. La rue du Vieux-Châtel et l’accessibilité

Précisons un point symptomatique : les temps impartis. En effet, seules 25 minutes étaient réservées à la question essentielle (point 1), 20 minutes au point 2, 35 minutes (!) au point 3, et enfin 25 minutes au point 4…

En résumé, l’essentiel (le retour sur le cahier des charges) était délibérément placé sur le même plan que l’accessoire (usages et accès des rues). Et, naturellement, ce découpage arbitraire ne manqua pas de choquer nombre de participants : était-ce donc pour débattre principalement de points de détails qu’on avait invité les habitants à se déplacer ce soir-là ?

Une soirée qui aurait pu être celle du dialogue…

Conformément à ce programme établi conjointement par la Ville et Equiterre, l’architecte communal adjoint, M. Fabien Coquillat, procéda aux salutations usuelles et à un rapide rappel des épisodes précédents, suivi par sa collaboratrice Mme Laure Boiteux, qui expliqua ce qu’il fallait entendre par « coopérative d’habitation». Enfin Mme Natacha Litzistof, directrice d’Equiterre, décrivit le contenu et la nature de l’atelier participatif, ensuite de quoi elle « proposa » de passer immédiatement aux travaux pratiques.

Oui, sauf que certains participants ne l’entendaient pas de cette oreille. Et ce fut tout d’abord M. Adi-Pierre Glanzmann, président d’AVE, qui réclama la parole. M. Glanzmann rappela que lors du premier atelier participatif, les habitants du quartier s’étaient quasi unanimement prononcés en faveur de l’aménagement d’un jardin public en lieu et place des anciennes Serres de la Ville. Il expliqua que si la population admettait la nécessité  d’un consensus  et envisageait la construction de bâtiments supplémentaires dans cette zone de la ville déjà fortement densifiée, elle déplorait en revanche l’absence de véritable dialogue avec la Ville.  M. Glanzmann constata avec regret que la démarche participative ne conduisait à aucune confrontation d’arguments et que les ateliers semblaient avoir été mis en place plus pour « cadrer » et limiter les points de vue des habitants que pour leur permettre de s’exprimer et recevoir des réponses à leurs questions légitimes. Au nombre de ces questions figurait (et figure toutjours) celle-ci, fondamentale : quelle serait la proportion des éventuelles futures constructions  par rapport aux espaces verts appelés de ses voeux par la population du quartier? Et quels en seraient le volume et la hauteur maximum ?

M. Coquillat se déclara déçu par le ton polémique de M. Glanzmann, mais n’apporta aucune réponse.

En conséquence, M. Olivier Bauermeister, membre d’AVE, demanda à son tour le micro et s’efforça d’entamer un dialogue avec M. Coquillat. (Il « s’efforça » en effet, car la chose  n’était pas facile, compte tenu du fait que M. Coquillat discutait dans le même temps avec sa collaboratrice…) M. Bauermeister expliqua à l’architecte communal adjoint que les habitants se souciaient beaucoup plus de l’ampleur des constructions envisagées que de l’aménagement d’une piste de pétanque dans leurs environs immédiats. En conséquence de quoi, il semblait plus rationnel, selon M. Bauermeister, que la Ville accepte de se prononcer sur les questions de fond avant que les aspects secondaires et cosmétiques du cahier des charges ne soient abordés. En d’autres termes, était-il envisageable pour la Ville de faire figurer noir sur blanc dans le cahier des charges ces questions de proportions espace vert-constructions et hauteur maximale en tant que conditions-cadres ?

M. Coquillat répondit finalement que « oui, c’était envisageable »…

M. Bauermeister demanda ensuite s’il existait des obligations légales imposant un minimum constructible sur la superficie concernée. Il lui fut répondu que oui, en effet, de telles obligations existaient, mais que des dérogations, en l’espèce, seraient sans doute nécessaires…

Ensuite de quoi Mme Litzistorf, qui semblait manifestement plus soucieuse de faire démarrer son atelier d’écriture que de favoriser le dialogue entre les habitants du quartier et la Ville, récupéra le micro pour faire l’apologie des « ateliers participatifs » version flip chart. « S’il y a des gens plus intelligents que nous [!] qui ont inventé le concept d’atelier participatif, c’est pour une bonne raison : c’est pour éviter que ces réunions dégénèrent en blablas », déclara-t-elle.  Elle précisa ensuite que seuls les points qui auraient été inscrits sur les flip charts seraient retenus et pris en considération.

Dont acte.

D’autres participants s’efforcèrent à leur tour de faire valoir leur point de vue oralement. Mais cette manière de faire ne convenait décidément pas à la directrice d’Equiterre, qui semblait n’avoir qu’une idée en tête : mettre un terme de toute urgence à la tentative de dialogue entre les habitants et l’architecte communal adjoint. Elle décida donc de reprendre le micro et de ne plus le lâcher. (« Etre ouvert et écouter les autres est important. Chacun est libre de s’exprimer. » Telles étaient les recommandations rédigées dans le programme par Equiterre. Mais manifestement, elles étaient censées s’appliquer à tous sauf à la médiatrice…)

De son coté, M. Bauermeister fit part de son mécontentement et déclara qu’il n’y avait rien à attendre d’une soirée organisée par des personnes qui considèrent la prise de parole comme du « blabla » et  qui s’opposent à tout dialogue. En conséquence de quoi il quitta la salle.

Mme Catherine Montalto, ancienne présidente d’AVE et toujours membre, se leva également et déclara qu’il était scandaleux, dans le cadre d’une démarche prétendument « participative », de couper et de refuser la parole aux gens. Sur le point de partir à son tour, elle fut rattrapée par la directrice d’Equiterre, qui, une nouvelle fois, tenta de justifier le bien-fondé de ses jolis flip charts. D’autres personnes étaient également sur le point de quitter la salle. Certaines le firent, immédiatement ou en cours de soirée, d’autres restèrent jusqu’au bout. D’autres encore, bien que découragées elles aussi, décidèrent finalement de se prêter au jeu de l’atelier, jugeant préférable de mener l’expérience à son terme de manière à en mesurer toute l’(in)efficacité.

M. Coquillat assura que le résultat de cet atelier serait restitué intégralement dans le cahier des charges urbanistique.

L’atelier commença donc.

Un second atelier participatif qui répéta le contenu du premier

ETAPE 1. RETOUR SUR LE CAHIER DES CHARGES URBANISTIQUE

À une large majorité, ce sont la transformation des anciennes serres en jardin public,  la réhabilitation des immeubles du front nord de la cour et la sécurité dans les rues du quartier qui sont venues en tête.

En outre, entre pas de constructions du tout et au maximum 20 % de surface constructible admise pour 80% d’espace vert, les groupes ont affirmé clairement leurs points de vue.

De même pour la réhabilitation du front nord. Il est accepté d’augmenter légèrement la profondeur de ces maisons.

Pour le reste, les groupes se rejoignent dans leurs désirs d’une fontaine, de places de jeux, de bancs…

La tendance dans les groupes est de fortement arboriser la surface des anciennes serres, ce afin de contrer l’effet « îlot de chaleur » généré par les constructions en béton et l’abondance de macadam qu’on trouve en haut du quartier, au niveau de la gare et du Crêt Taconnet.

ETAPE 2. QUELS SERAIENT LES BESOINS DU QUARTIER CONCERNANT L’USAGE DES BÂTIMENTS DU FRONT NORD DE LA COUR ?

Majoritairement les groupes se sont prononcés en faveur d’un local de quartier, de locaux d’artisans et d’artistes sans véhicules, de locaux à vélos, en résumé des activités n’engendrant pas de circulation automobile supplémentaire.

Par ailleurs, certains groupes font tout de même remarquer que la « Cour » est privée. Concernant l’aménagement de cette portion de la rue en zone sans voitures, les locataires et les propriétaires de l’immeuble construit par Guillaume Ritter (nos 11 à 23 de la rue du Vieux-Châtel) estiment que la Ville dispose un peu trop à son aise d’un espace qui ne lui appartient pas et entend « faire le bonheur des gens malgré eux ». Les habitants de cet immeuble sont extrêmement satisfaits de pouvoir disposer d’une place de parc juste derrière chez eux et ne voient pas au nom de quoi ils devraient renoncer à cette facilité, au demeurant de plus en plus rare en ville de Neuchâtel.  Une fois réaménagé en jardin public et en zone de rencontre, le site des anciennes serres de la Ville remplirait parfaitement la fonction actuellement manquante d’espace convivial et social. De toute manière, tout aménagement envisagé pour la rue privée ne pourra être réalisé sans une consultation des propriétaires (et leur accord), comme il l’est d’ailleurs précisé dans le cahier des charges.

ETAPE 3. QUELLES ACTIVITÉS SONT SOUHAITÉES DANS LE FUTUR JARDIN DES SERRES ET POUR LA PETITE AIRE DE JEUX ?

Espace vert arborisé avec bancs, fontaine ou étang, place de jeux enfants, voire piste de pétanque.

Certains groupes ont aussi souhaité un jardin potager. D’autres encore insistèrent pour qu’il soit fait en sorte que, le soir venu, les lieux demeurent protégés des déprédations et du bruit éventuels.

ETAPE 4. IDENTIFIEZ LES LIEUX PRÉCIS QUI POSENT PROBLÈME EN TERME D’ACCESSIBILITÉ POUR LES PERSONNES À MOBILITÉ RÉDUITE ET EN HIVER.

Unanimement les groupes souhaitent une réduction drastique de la circulation : mention « bordiers autorisés », chicanes alternées de type bacs à fleurs, limitation du parcage de manière à éviter le parcage sauvage, signalisation adéquate.

L’ensemble des posters des flip charts furent photographiés par les participants à des fins de témoignages. (Voir les photographies.)

Prochaines échéances

En fin de séance, M. Coquillat présenta les prochaines étapes (voir le programme, p. 6) :

  • Avril 2012 : Intégration des réflexions de cet atelier participatif dans le cahier des charges urbanistique.
  • Avril 2012 : Présentation  du dossier à Patrimoine suisse, à la Commission d’urbanisme de la Ville, au Canton, etc. (En fait, celle-ci devrait probablement avoir lieu plutôt en mai.)
  • Mai 2012 : Rédaction du cahier des charges définitif par la Ville et Equiterre.
  • 24 mai 2012 : Envoi du cahier des charges définitf aux habitants pour relecture et remarques.
  • 11 juin 2012 : Délai de réception des remarques des habitants sur le cahier des charges définitif.
  • 14 juin 2012 : Restitution finale, présentation du cahier des charges amendé et du calendrier pour la suite.

Par ailleurs, pour ce qui concerne le réaménagement de la rue du Vieux-Châtel (sur les plans du trafic et du stationnement), des démarches seront entreprises avant la restitution finale.

M. Pierre Sydler, membre d’AVE, prit la parole pour demander s’il était prévu que, dans la « présentation du dossier à Patrimoine Suisse… etc », AVE fasse partie du « etc » ? Mme Sarah Montalto, également membre d’AVE, appuya la demande de M. Sydler. Réponse de Mme Litzistorf, directrice d’Equiterre : « ces groupes-là ne connaissent pas le déroulement du processus… »  Elle ne voit pas où l’Association aurait sa place… (!) M. Coquillat, quant à lui, déclara qu’il allait y réfléchir et soumettre la question.

Mme Fabienne Hutin, propriétaire d’un immeuble dans le quartier, demanda à son tour si les propriétaires faisaient également partie de cet « etc ». Ne serait-il pas également opportun de les associer en leur envoyant également le cahier des charges le 24 mai ? Demande acceptée.

La séance fut levée peu avant l’heure prévue soit 21h30.

II. Quelques remarques en guise de bilan intermédiaire

Les deux ateliers formant le cœur de la démarche participative visaient, de la part de la Ville, à éviter toute confrontation directe avec les habitants, et donc à « dépassionner » le débat. Une intention évidemment louable.

En outre, les habitants du quartier ont réellement apprécié l’idée qu’ils pourraient faire entendre leurs points de vue sur le quartier dans lequel ils vivent et qu’ils pratiquent donc au quotidien. Ils savent donc gré à la Ville d’avoir entamé cette démarche.

Communication à sens uniqueD’un autre côté, force fut hélas de constater que cette démarche interdisait du même coup tout véritable dialogue entre les deux partis.

En effet, la Ville a décidé de cadrer étroitement  la communication. Elle a choisi les questions qu’elle poserait aux habitants du quartier et la manière dont ceux-ci devaient y répondre. Ceux-ci se sont prêtés au jeu et ont répondu sans ambages et honnêtement. Par contre, aux questions précises posées en retour par les habitants aux représentants de la Ville, les réponses fournies furent systématiquement évasives : « peut-être », « éventuellement », « nous ne pouvons pas répondre pour le moment », « nous allons étudier la question », « nous n’avons pas les compétences requises pour répondre »…

La Ville a donc recueilli les desiderata des habitants, oui, mais sans leur donner la possibilité d’argumenter leur propos ni de s’exprimer en dehors du cadre rigide qu’elle avait délimité. À la longue, cette façon de procéder a évidemment donné aux habitants du quartier l’impression que la Ville gardait toutes les cartes en main et se réservait toute latitude de choisir avec l’autorité de l’arbitraire, comme dans un menu, ce qu’elle entendait retenir des propositions émises et ce qu’elle entendait ne pas retenir. Et ce sans jamais en discuter avec les personnes concernées. Sans véritablement énoncer ses critères de choix, sans avancer le moindre argument non plus (si ce n’est, çà et là, de façon très succincte, dans le projet de cahier des charges).

Pas d’argumentation, pas de contre-argumentation. Donc pas de vrai débat citoyen.

De fait, le second atelier, dans sa conception, s’est avéré parfaitement superflu. Au demeurant, et contrairement aux mots employés par Mme Litzistorf, la démarche n’a pas été « proposée » aux habitants, mais proprement imposée. Aucun choix sur la manière de communiquer n’a été laissé aux participants et il leur fut impossible (à moins de quitter la salle) de sortir du carcan scolaire établi par Equiterre. En outre, à quelques rares exceptions près, les trois dernières questions posées (portant sur les usages et l’accessibilité) amenaient inévitablement les mêmes réponses que celles qui avaient déjà été données aux questions posées lors du premier atelier participatif du 20 octobre 2011. Cette redite impatienta naturellement nombre de participants, ce d’autant plus que peu de temps avait été consacré (délibérément ?) à l’essentiel : la prise de position des habitants sur le cahier des charges.

À l’évidence, ce soir-là, on aurait gagné beaucoup de temps et d’énergie de part et d’autre si la Ville avait accepté de se prêter à un véritable dialogue avec la population. C’était l’occasion ou jamais pour la Ville de démontrer qu’elle prenait vraiment en considération l’opinion et l’expérience de terrain de ses administrés. Au lieu de cela, la grande majorité d’entre eux sont repartis avec l’impression frustrante d’un rendez-vous manqué.

Proposition d’AVE pour la suite des opérations

Compte tenu de ces constations, AVE souhaite que lors de la présentation du cahier des charges urbanistique, la Ville ait non seulement intégré dans son document final, les demandes de la population exprimées le 26 mars dernier, notamment sur le volume des constructions envisagées, l’emprise au sol, les proportions bâti-jardin, mais qu’elle engage enfin le dialogue avec les habitants et réponde clairement et franchement aux questions essentielles qu’ils se posent, sans plus les éluder.

À cette fin, AVE attend que soient présentes, lors de cette prochaine rencontre, des personnes habilitées à prendre des décisions et des engagements. Car sans engagements de part et d’autre, une démarche participative n’est en somme qu’un simulacre de communication.